Après plusieurs semaines de controverse, la maison d’édition québécoise Boréal affirme que l’intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d’écriture du roman de l’auteur canado-haïtien.
Le dossier Thélyson Orélien connaît un nouveau développement majeur. Le mercredi 21 octobre 2026, les Éditions du Boréal ont annoncé la fin de leur collaboration avec l’écrivain, après avoir obtenu de nouveaux éléments concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans son roman « C’était ça ou mourir ».
Cette décision marque un changement de position de l’éditeur, qui avait auparavant soutenu l’auteur face aux accusations. Dans un communiqué, la maison d’édition explique que plusieurs versions de travail du manuscrit ont fait l’objet d’une analyse externe approfondie. Les résultats auraient révélé des traces de balises liées à l’IA dans les métadonnées de certains documents.
« Nous ignorons toujours dans quelle mesure l’IA a été utilisée dans la création de C’était ça ou mourir », reconnaît l’éditeur, qui admet ne pas disposer de réponse définitive sur l’étendue de cette utilisation. Source : Le Temps, 21 octobre 2026.
Un démenti désormais confronté aux conclusions de l’éditeur
Le 13 octobre, Thélyson Orélien avait catégoriquement rejeté les accusations concernant son roman. Il affirmait qu’« aucune phrase » du livre n’avait été créée par une intelligence artificielle. L’écrivain avait néanmoins reconnu des plagiats dans certains de ses anciens textes et présenté ses excuses.
La controverse avait commencé en septembre, après les accusations publiées par un compte anonyme sur le réseau social X. L’affaire avait rapidement pris de l’ampleur, en raison du succès du roman et de son parcours dans le paysage littéraire francophone.
Le revirement de Boréal repose donc sur de nouveaux éléments techniques. L’éditeur souligne toutefois qu’il ne peut pas déterminer précisément la contribution de l’IA à la création du livre. Cette distinction reste importante pour comprendre la portée de ses conclusions.
Des conséquences pour la carrière de l’écrivain
Les décisions annoncées par Boréal sont lourdes de conséquences. La maison d’édition ne réimprimera plus le roman et ne publiera pas d’autres ouvrages de Thélyson Orélien. Elle affirme également que cette affaire l’amène à réfléchir aux pratiques éditoriales face au développement de l’intelligence artificielle.
Au-delà du cas individuel, cette controverse pose une question qui concerne l’ensemble du monde littéraire : comment distinguer l’assistance technologique d’une création attribuable à un auteur ? Les outils d’IA peuvent aider à rechercher, corriger ou reformuler des textes. Leur utilisation dans la rédaction d’une œuvre soulève toutefois des questions de transparence, de responsabilité et de confiance entre écrivains et éditeurs.
L’affaire Thélyson Orélien pourrait désormais contribuer à redéfinir les règles de transparence attendues des auteurs et des maisons d’édition à l’ère de l’intelligence artificielle.
Roche-mag