La mission diplomatique d’Haïti aux Bahamas fait aujourd’hui l’objet de vives interrogations, tant sur sa composition que sur son fonctionnement. En cause : un effectif jugé excessif et un profil académique qui soulève de sérieuses préoccupations quant aux critères de nomination dans la diplomatie haïtienne.
Une représentation pléthorique et peu qualifiée
Selon les informations disponibles, 38 diplomates sont actuellement accrédités auprès de la mission diplomatique d’Haïti aux Bahamas. Parmi eux, seuls cinq auraient suivi des études universitaires, tandis que la grande majorité ne disposerait d’aucun diplôme universitaire. Cette situation interpelle et relance le débat sur la compétence, la méritocratie et la professionnalisation du corps diplomatique haïtien.
Dans un contexte où la diplomatie joue un rôle stratégique dans la défense des intérêts nationaux, une telle configuration soulève des questions fondamentales sur les mécanismes de sélection et de nomination des représentants de l’État à l’étranger.
Les Bahamas tirent la sonnette d’alarme
Face à cette surcharge manifeste, le gouvernement bahaméen est intervenu officiellement, demandant à l’État haïtien de réduire l’effectif de sa mission diplomatique à huit personnes. Une requête inhabituelle, mais révélatrice d’un malaise réel dans les relations diplomatiques et administratives entre les deux pays.
Cette demande met en lumière les difficultés liées à la gestion de la mission, tant sur le plan logistique que sur celui de l’efficacité diplomatique.
Des transferts envisagés… mais vers où ?
En réaction à cette situation, une source au Ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) indique que des dispositions sont en cours afin de transférer certains diplomates jugés indésirables vers Cuba et le Panama. Une solution qui, sur le papier, vise à désengorger la mission aux Bahamas.
Cependant, selon des informations concordantes, la mission diplomatique d’Haïti au Panama serait déjà saturée, ce qui pose la question de la pertinence et de la viabilité de cette option. Le risque est grand de déplacer le problème sans réellement le résoudre.
Une réforme devenue indispensable
Au-delà du cas spécifique des Bahamas, cette situation met en évidence un problème plus profond : l’absence de réforme structurelle de la diplomatie haïtienne. Entre nominations politiques, manque de qualifications et missions surchargées, l’image du pays à l’étranger s’en trouve fragilisée.
Dans un contexte international de plus en plus exigeant, la diplomatie haïtienne gagnerait à s’appuyer sur des critères clairs, transparents et fondés sur les compétences, afin de restaurer sa crédibilité et de mieux servir les intérêts de la nation.
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