Mondial 2026 : 117 chansons soumises, zéro retenue — que s’est-il vraiment passé ?

Cent dix-sept artistes. Des semaines de travail. Un prix d’un million de gourdes à la clé. Et au bout du compte : rien. Le concours censé produire le jingle officiel de la sélection haïtienne pour le Mondial 2026 vient de se conclure sur un constat d’échec total  aucune des œuvres soumises n’a été jugée retenue par le jury du MCC. Une nouvelle qui surprend autant qu’elle interroge.

Un jury sévère… ou des critères flous ?

 

Quatre sessions de délibération , deux en présentiel fin avril, deux en virtuel début mai et le verdict tombe : concours infructueux. Le jury, présidé par Lionel Benjamin et composé de professionnels du secteur culturel, a passé en revue des propositions venues d’Haïti comme de la diaspora, pour finalement n’en valider aucune.
On est en droit de se poser la question : les critères d’évaluation étaient-ils suffisamment clairs dès le départ ? Un jury peut avoir des exigences élevées  c’est son rôle  mais quand le taux de rejet atteint 100 %, c’est soit le signe d’une qualité générale décevante, soit celui d’attentes mal communiquées. Peut-être les deux.

Un délai serré, des conditions difficiles

 

La date limite de soumission était fixée au 15 avril. Suffisant pour produire une œuvre de qualité professionnelle dans le contexte haïtien actuel ? La question mérite d’être posée. Les artistes locaux disposent rarement des infrastructures techniques que l’on retrouve ailleurs. Si le jury appliquait des standards internationaux, encore fallait-il que les conditions de participation permettent d’y répondre.

La solution proposée : un appel d’offres restreint

 

Face à cet échec, le jury lui-même a recommandé de se tourner vers un cercle restreint de professionnels pour produire l’œuvre finale. Décision pragmatique, certes  mais qui soulève une question politique gênante : à quoi servait alors le concours ouvert ?

L’ambition initiale était de mobiliser la population autour d’un moment historique, de faire naître une chanson collective sous le thème AYITI ALASO. Si l’on finit par commander l’œuvre en circuit fermé, quelque chose de l’élan participatif se perd en route.

Des remerciements qui ne remplacent pas la transparence

 

Le ministère a salué publiquement l’engagement des participants. C’est une formule courtoise  mais elle ne répond pas à ce que ces 117 créateurs méritent vraiment de savoir : qu’est-ce qui n’allait pas dans leur travail ?
Sans retour concret, sans explication sur les critères appliqués, le prochain appel à projets risque fort de susciter beaucoup moins d’enthousiasme. La confiance se construit dans les détails, pas dans les communiqués.

La qualification d’Haïti pour le Mondial reste un événement historique qui mérite une bande-son digne de ce nom. La question est désormais de savoir si la manière de la produire sera à la hauteur de l’ambition affichée.​​​​​​​​​​​​​​​​

Roche magazine 

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