Port-au-Prince, 24 mars 2026 — Les Forces Armées d’Haïti (FAd’H) ont décidé de retirer les militaires affectés à la sécurité de plusieurs personnalités civiles et politiques. La mesure, fixée par voie administrative, accorde un délai de 72 heures pour mettre fin à ces affectations et ordonne le retour des soldats dans leurs bases respectives.
Cette décision s’inscrit dans une nouvelle orientation du haut commandement militaire, qui souhaite réorganiser l’utilisation de ses effectifs dans un contexte où la question sécuritaire reste au cœur des préoccupations nationales.
L’armée veut recentrer ses priorités
À travers cette disposition, l’institution militaire entend réduire les affectations considérées comme non prioritaires afin de concentrer davantage ses ressources humaines sur des missions liées à la sécurité nationale. L’objectif affiché est de permettre un meilleur déploiement des troupes sur les terrains jugés plus stratégiques.
Depuis un certain temps, plusieurs soldats étaient mobilisés pour accompagner ou protéger des personnalités de l’État, anciennes ou actuelles. Désormais, cette pratique doit prendre fin, selon les nouvelles directives internes communiquées par le commandement.
Des personnalités civiles concernées
Les bénéficiaires de ces dispositifs de protection figureraient parmi plusieurs catégories de responsables ou anciens responsables publics. Des membres ou ex-membres d’instances de transition, des anciens ministres, certains hauts fonctionnaires ainsi que d’autres personnalités institutionnelles seraient touchés par cette décision.
À partir de maintenant, toute demande de sécurité rapprochée devra être redirigée vers les structures compétentes de la Police Nationale d’Haïti (PNH), appelée à assumer ce type de responsabilité dans le cadre de ses fonctions.
Retour obligatoire dans les casernes
En plus de mettre fin à ces missions, les FAd’H exigent que les militaires concernés rejoignent rapidement leurs unités d’origine. Le commandement demande aux responsables de corps de s’assurer que cette consigne soit appliquée dans le délai imparti.
Le message est clair : les soldats affectés hors de leur cadre habituel doivent réintégrer leurs postes sans retard. Toute désobéissance ou négligence dans l’application de cette mesure pourrait entraîner des sanctions disciplinaires.
Contrôle des armes et du matériel
Cette réorganisation ne concerne pas uniquement le personnel. Les autorités militaires veulent également reprendre le contrôle de tout le matériel utilisé dans le cadre de ces escortes. Cela inclut notamment les armes, munitions, véhicules et autres équipements mis à disposition des agents déployés.
Cette étape est jugée importante pour éviter toute mauvaise gestion des ressources militaires et pour garantir que l’ensemble du matériel reste sous la supervision directe de l’institution.
Une décision à portée stratégique
Dans le contexte actuel, cette mesure peut être interprétée comme une volonté de resserrer la discipline interne et de mieux adapter l’action de l’armée aux urgences du moment. En réduisant les affectations au service de personnalités, les FAd’H semblent vouloir envoyer un signal de recentrage et de rationalisation.
Alors que le pays continue de faire face à une insécurité persistante, cette décision pourrait marquer un tournant dans la manière dont l’armée choisit de positionner ses hommes et ses moyens sur le terrain.
Un changement qui envoie un message
Au-delà de son aspect administratif, cette décision porte aussi une dimension symbolique. Elle traduit une volonté de rappeler que les forces armées doivent avant tout être mobilisées au service de l’intérêt collectif, plutôt qu’au profit de protections particulières.
Reste à voir comment cette nouvelle orientation sera appliquée dans les jours à venir, et si elle permettra réellement de renforcer la présence opérationnelle de l’armée sur les dossiers de sécurité les plus sensibles du pays.
Fortune Rochenel



