Parfois, il suffit de quelques jours, quelques regards, ou même d’un seul baiser pour bouleverser une vie entière. On s’attend toujours à ce qu’une grande histoire d’amour soit longue, stable, construite sur les années… mais étonnamment, celles qui nous hantent, qui nous marquent à jamais, sont souvent celles qui n’ont duré qu’un instant. Trop brèves pour s’user, trop intenses pour être oubliées.
Dans ces histoires-là, tout est rapide, brûlant, sans filtre. Il n’y a pas encore de doutes, de disputes, ni de silences lourds. On aime comme on respire : fort, libre, et sans se poser de questions. Chaque moment compte, parce qu’au fond, peut-être qu’on sait déjà que le temps est compté. Et c’est justement ce compte à rebours invisible qui donne à ces amours leur profondeur. On s’accroche à chaque regard comme si c’était le dernier. Et parfois, c’est le dernier.
Il y a aussi ce mystère qui reste. Quand une histoire se termine avant d’avoir tout dit, elle laisse place à l’imaginaire. On ne l’a pas vue s’effondrer, s’essouffler, devenir banale. Elle reste figée dans notre mémoire comme une chanson qu’on n’a jamais fini d’écouter, mais qu’on connaît par cœur. L’amour devient un souvenir parfait parce qu’il n’a pas eu le temps de devenir imparfait.
Et puis, il y a l’absence. Ce vide qui s’installe après une relation intense mais courte n’est pas un échec. Il est la preuve que quelque chose d’immense a existé, même s’il n’a pas duré. On comprend que certaines personnes ne sont pas faites pour rester, mais pour réveiller quelque chose en nous. Une émotion, un rêve, une version de nous-mêmes qu’on ne connaissait pas encore.
Les plus belles histoires d’amour sont souvent les plus courtes, non pas parce qu’elles étaient fragiles, mais parce qu’elles étaient trop fortes pour durer. Elles brûlent tout sur leur passage et s’en vont, laissant derrière elles un parfum d’éternité.
Et peut-être que c’est ça, l’amour qu’on n’oublie jamais.
Roche magazine




