Pétion-Ville résiste aux assauts des gangs

 

Depuis l’effondrement des centres carcéraux de Port-au-Prince et de l’arrondissement de la Croix-des-Bouquets, dans la nuit du 2 au 3 mars, les bandits, réunis sous le regroupement baptisé “Viv Ansanm”, ont braqué les projecteurs sur Pétion-Ville.

Les récentes déclarations du militant politique “Arab”, qui soutenait les groupes armés, ont mis le cap sur Pétion-Ville. Les démarches n’ont pas tardé. Déjà, les menaces circulaient sur les réseaux sociaux, et les actes ont suivi. Le lundi 17 mars, les quartiers Laboule et Thomassin se sont réveillés sous des actes de vandalisme perpétrés par des bandits armés, pillant des institutions privées et des maisons. Sans la vigilance de la police et de la population, ces groupes auraient pu s’installer durablement dans ces quartiers.

Le mardi 18, les hommes de Vitelhomme Innocent, qui s’activaient pour pénétrer les zones adjacentes de Torcel à Pétion-Ville telles que Bellevue, Vivy-Michel et Bèlvil, ont changé de stratégie pour frapper en série après une accalmie prolongée dans les zones de Diègue, Morette, Mayotte et Metivier. Les habitants habitués à ces attaques ont organisé leur défense pour les repousser.

Des vents de panique ont soufflé avec rage lorsque, pendant deux jours consécutifs, la population a découvert une quarantaine de corps étalés ou empilés dans diverses rues du centre-ville de la commune au cours de la même semaine.

Les deux jours suivants, les mercredi 19 et jeudi 20 mars, le quartier Bristout a retrouvé son calme après avoir essuyé une attaque du groupe “Viv Ansanm” tentant de réinstaller un gang nommé Mackandal le mercredi. Ce dernier soutenait le caïd Alex, un ancien policier qui dirigeait cette zone. Les résidents ont riposté toute la journée en attendant l’arrivée des renforts de la PNH pour stopper définitivement cet assaut en causant la mort de ce caïd et de ses acolytes. L’ancien policier Ernst Julmé, alias Ti Grèg, évadé de prison depuis seulement quinze jours, a trouvé la mort jeudi dans son quartier à Delmas 66. Il tentait de reprendre le contrôle de la zone et de ses environs, dont Dèyè Lapwent, Morne-Hercule, Delmas 68, 70, 72 et 74 (colonie). La police et la population ont vaillamment lutté pour le stopper, ainsi que de nombreux autres de ses complices. Il était un pion au sein de “Viv Ansanm” pour ouvrir les portes de la commune à l’installation ferme de ce regroupement de gangs à Pétion-Ville, car en contrôlant le carrefour de Delmas 95, qui donne accès à la route de Frère avec son voisin de Bristout, Pétion-Ville pourrait succomber en moins de deux jours.

Pour comprendre le schéma géographique de ces assauts, Vitelhomme sur l’ouverture de Tabarre à Pernier essaie de prendre Vivy-Michel et Bèlvil, ce qui nécessiterait de passer par le quartier Bellevue. En attaquant Diègue, Mayotte et Metivier, il pourrait aisément continuer son accès jusqu’à la place Boyer en passant par Gerardo, Berthé, les quartiers Marlique et Bois-Monquette jusqu’au Fort Jacques.

Le gang de Ti Lapli, qui s’est faufilé par la Rivière Froide jusqu’à la commune de Carrefour, a envahi Laboule et Thomassin. Ainsi, le nord de Pétion-Ville serait asphyxié, avec Pèlerin, Montagne Noire et toute la troisième section d’Étang du Jonc.

Avec Ti Grèg au carrefour de Delmas 95 menant à la route de Frère, Jacquet Thybull et Jacquet Toto rencontreront la branche de Vitelhomme au bas de la route de Frère. En même temps, son quartier Dèyè Lapwent à Delmas 66 est une partie de la zone de Morne-Hercule, ouvrant sur l’autoroute de Delmas. Il serait difficile pour lui de regagner son territoire après sa réinstallation, car il s’ouvre sur Delmas 64, 68, 70, 72 et 74, avec une particularité, le quartier de Colonie, au cœur du centre-ville de Pétion-Ville, abritant l’église de Saint Jean Bosco et les écoles primaires et secondaires des Pères Salésiens de Pétion-Ville. Colonie est également le plus grand centre commercial du marché de Pétion-Ville.

La population salue l’effort express de la PNH qui, avec intrépidité et tactique, a coordonné les ripostes pour blesser mortellement ces caïds. Surtout que Ti Grèg, la veille de sa mort, diffusait des vidéos devenant virales sur les réseaux sociaux, exprimant son désir de retourner dans son fief à 95. Cependant, la Police Nationale d’Haïti montre sa liberté depuis le départ des deux plus hauts responsables du Conseil Supérieur de la Police Nationale, à savoir le Premier Ministre Ariel Henry, également ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, et ensuite le ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, madame Emmelie Prophète.

Face aux gangs et à leurs ambitions, abandonneront-ils leur mission? Ou est-ce que le conseil présidentiel, qui jusqu’à présent est au stade d’atterrissage, animera-t-il d’une volonté réelle de démanteler les gangs et de rétablir la sécurité et la sérénité au sein de la société et de la population?

Roche Magazine

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