Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a récemment déclenché une vive controverse en annonçant une série de changements radicaux dans les politiques de modération sur Facebook et Instagram. Ces décisions, justifiées par un retour aux “racines de la liberté d’expression”, ont été accueillies avec inquiétude par de nombreux observateurs, qui y voient une dérive dangereuse vers une amplification des discours de haine et de la désinformation.
Des insultes désormais autorisées
Selon les nouvelles règles, il est désormais permis de qualifier les homosexuels et les personnes transgenres de “malades mentaux”, de traiter les femmes “d’objets ménagers”, ou encore de désigner les personnes transgenres ou non binaires par le terme “ça”. Pire encore, les publications affirmant que les personnes transgenres “ne devraient pas exister” ne seront plus modérées.
De plus, les restrictions sur les insultes liées à l’apparence physique, à l’origine ethnique, au handicap, à la religion, à l’orientation sexuelle, ou à l’identité de genre ont été levées. Ces mesures marquent un recul sans précédent dans les efforts pour garantir un environnement numérique inclusif et respectueux.
Fin du fact-checking : une porte ouverte à la désinformation
Autre décision majeure : la suppression du service de fact-checking, autrefois réalisé en collaboration avec des médias indépendants. Ce programme, qui visait à lutter contre la désinformation, sera remplacé par un système de “notes communautaires” similaire à celui de X (anciennement Twitter). Pour de nombreux critiques, cette décision risque d’aggraver la propagation de fausses informations sur les plateformes de Meta.
Une “allégeance” à Trump et Musk ?
Les changements annoncés par Zuckerberg surviennent alors que Donald Trump, récemment élu président des États-Unis, et Elon Musk, PDG de X, prônent une vision libertarienne des médias sociaux. Certains y voient une tentative de Meta de s’aligner sur les valeurs de ces figures influentes, en réponse aux critiques des conservateurs qui accusaient les plateformes de biais anticonservateurs.
Un choix stratégique ou un pari risqué ?
En déplaçant ses équipes de modération de contenu en Californie vers le Texas, Meta affirme vouloir réduire les biais culturels dans l’application de ses politiques. Toutefois, cette décision suscite des doutes quant à l’efficacité de la nouvelle stratégie pour maintenir un équilibre entre liberté d’expression et protection des utilisateurs.
Alors que Meta défend ces mesures comme un pas vers une plus grande transparence et une liberté d’expression accrue, leurs implications pourraient s’avérer lourdes de conséquences. La question reste ouverte : jusqu’où peut-on aller au nom de la liberté d’expression sans compromettre le respect et la sécurité en ligne ?
Ces changements représentent un tournant majeur pour Meta et soulèvent des interrogations cruciales sur l’avenir des réseaux sociaux. Liberté d’expression ou complaisance envers les discours haineux ? Seul le temps permettra de mesurer les répercussions de cette politique controversée.
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