L’adoption de la résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU, instaurant une nouvelle Force de suppression des gangs en Haïti, continue de susciter des analyses contrastées. L’expert en sécurité Diego Da Rin, intervenant ce mercredi sur Magik, a mis en garde contre les risques immédiats que cette annonce pourrait engendrer.
Un contexte déjà fragile
Selon l’expert, la simple annonce d’une mission internationale suffit à raviver les tensions. Il rappelle que l’annonce de la précédente mission, la MMAS, avait provoqué une vague de violences à Port-au-Prince, alimentée par les groupes armés. « D’ici à ce qu’une nouvelle mission devienne pleinement opérationnelle, nous entrerons dans une période épique marquée par de grands défis sécuritaires pour les forces actuellement déployées sur le terrain et qui combattent les gangs », a-t-il souligné.
Des calculs politiques en arrière-plan
Diego Da Rin estime que pour la coalition Viv Ansanm, l’un des objectifs stratégiques serait d’entraver le déploiement de la MMAS. Il note également une coïncidence troublante : la recrudescence des attaques avait commencé au moment où l’ancien Premier ministre Ariel Henry se rendait au Kenya pour conclure un accord bilatéral permettant l’envoi d’officiers kényans en Haïti.
Quelle réaction des gangs ?
Jusqu’ici, aucune déclaration officielle n’a été faite par le porte-parole de la coalition de gangs face à la résolution 2793. Toutefois, l’expert prévient que les organisations criminelles, se sentant directement visées, pourraient réagir dans les prochains jours. Une éventualité qui inquiète dans un climat déjà marqué par l’insécurité et la fragilité institutionnelle.
Source: PanelMagik




