En Algérie, la fermeture de toutes les églises protestantes du pays marque un tournant inquiétant pour la liberté de culte. Depuis 2017, une campagne de fermeture progressive a été menée par les autorités, aboutissant récemment à la mise sous scellés des 47 lieux de culte affiliés à l’Église Protestante d’Algérie (EPA). Cette situation contraint désormais les chrétiens algériens, en majorité des convertis, à pratiquer leur foi clandestinement.
La Constitution algérienne garantit théoriquement la liberté de culte dans le respect des lois en vigueur. Cependant, l’ordonnance 06-03 de 2006 impose des restrictions sévères aux cultes non-musulmans, interdisant leur exercice en dehors de lieux spécifiquement agréés par l’État. Cette législation, couplée à une surveillance accrue, a particulièrement visé les églises protestantes, souvent fréquentées par des Algériens de souche convertis au christianisme, contrairement aux églises catholiques majoritairement fréquentées par des étrangers.
Cette répression religieuse s’inscrit dans un contexte de montée de l’islamisation en Algérie, où les autorités cherchent à renforcer l’identité islamique du pays. L’ONG Portes Ouvertes, qui dénonce ces fermetures, rappelle que l’Algérie figure parmi les pays où les chrétiens subissent les persécutions les plus sévères. En 2024, plus de 380 millions de chrétiens dans le monde ont été victimes de discriminations ou de violences, un chiffre en constante augmentation.
Pour les chrétiens algériens, ces fermetures signifient bien plus qu’une restriction administrative : elles mettent en péril une pratique religieuse déjà fragile et soulignent les défis croissants liés à la liberté de culte dans le pays.
Redaction: Roche Magazine




