À New York, des demandeurs d’asile se retrouvent piégés par le système qu’ils pensaient leur offrir une chance de régularisation. Ces dernières semaines, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés immédiatement après leur audience au tribunal fédéral de Manhattan. Convoqués officiellement pour faire avancer leur demande d’asile, ils étaient loin de se douter qu’ils allaient tomber dans une opération de l’ICE, la police de l’immigration américaine.
Des agents, souvent armés et vêtus de tenues banalisées, attendaient ces personnes à la sortie de la salle d’audience. Une fois leur nom appelé et l’entretien terminé avec le juge, ils étaient interpellés sans autre forme de procédure, avant même de quitter l’étage du tribunal. Selon des témoins, dont un photographe de l’AFP, au moins une douzaine de personnes ont ainsi été arrêtées en une seule journée. Ces actions suscitent une vive inquiétude dans la ville.
Pour Brad Lander, élu démocrate et contrôleur financier de New York, il ne s’agit ni plus ni moins que de guet-apens. Présent sur place pour dénoncer cette méthode, il a lui-même été brièvement arrêté en tentant de s’interposer lors de l’une des interpellations. Il dénonce une dérive grave du système judiciaire et une atteinte aux droits fondamentaux de ces migrants, qui pensaient avoir droit à une procédure équitable.
Ces arrestations ont pour but de placer les personnes en situation irrégulière en centre de détention administrative, en vue d’une expulsion rapide. Or, certains risquent d’être renvoyés vers des pays en guerre ou des zones instables, ce qui représente un danger réel pour leur vie. Des associations et avocats spécialisés en immigration crient à la violation des droits humains et demandent l’arrêt immédiat de ces pratiques.
Dans une ville historiquement ouverte aux migrants et marquée par sa diversité, ces méthodes de plus en plus fréquentes heurtent profondément l’opinion publique. Elles soulèvent aussi une question de fond : les institutions américaines offrent-elles encore une véritable chance aux personnes qui fuient la violence et la misère, ou participent-elles désormais à leur exclusion silencieuse ?
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