Depuis le début du mois d’octobre, les autorités dominicaines mènent une vaste campagne de rapatriement visant les Haïtiens en situation migratoire irrégulière. En l’espace de quelques jours seulement, plus de 18 000 Haïtiens ont été expulsés, un chiffre qui continue de croître. Toutefois, ce qui aurait dû être un processus encadré et respectueux des droits des individus s’est transformé en une série d’abus et de traitements inhumains.
Les opérations, menées par la Direction Générale de Migration (DGM) dominicaine, sont caractérisées par des arrestations arbitraires, souvent sans vérification approfondie des documents des personnes arrêtées. De nombreux Haïtiens se retrouvent ainsi retenus et déportés, malgré le fait qu’ils aient leurs papiers en règle. Les témoignages font état de scènes choquantes où les migrants sont entassés dans des camions militaires surchargés, hommes, femmes et enfants confondus. Ces camions, prévus pour transporter de petits groupes, sont remplis bien au-delà de leur capacité, les migrants étant parfois menottés et privés de tout confort, dans des conditions qui rappellent plus une arrestation criminelle qu’une procédure migratoire.
Une fois arrêtés, les migrants sont conduits dans des centres de rétention où les conditions sont loin d’être adéquates. Les autorités ne prennent pas la peine de séparer les hommes des femmes ou des enfants, créant ainsi des situations d’inconfort et d’insécurité pour les plus vulnérables. Des familles sont laissées sans nouvelles de leurs proches détenus, tandis que certains rapportent des abus verbaux et physiques durant leur détention.
Le gouvernement dominicain, en intensifiant ces opérations, prétend répondre à une situation migratoire incontrôlée. Cependant, il est impossible d’ignorer le manque de cadre légal et le non-respect des droits fondamentaux dans le processus. La manière brutale et expéditive avec laquelle ces déportations sont effectuées va à l’encontre des principes humanitaires et du respect de la dignité humaine. Ce traitement infligé aux migrants haïtiens, déjà victimes de la crise humanitaire dans leur pays d’origine, est une autre forme de violence contre une population vulnérable.
Ces expulsions de masse, menées sans la moindre attention aux conditions humaines, devraient faire l’objet d’une enquête approfondie. La République Dominicaine doit revoir ses méthodes pour s’assurer que ses politiques migratoires soient non seulement efficaces, mais aussi respectueuses des droits des personnes touchées.
Redaction: Roche magazine




